&Une nuit. Un désir. Quelques instants. Un souvenir. Une vérité.
# Sïana.

lundi 30 avril 2018

tremblements.




rencontrer le silence. l'interroger. le toucher. le percuter. silence.
se retourner pour son bruit insolent. déglutir calmement.
apercevoir le souffle. l'agripper, le consoler.
poings serrés et cœur entaillé.
brutalité du geste qui perce, qui écarte, qui brûle, qui anime, qui attire, qui meurt. doucement.
le craquement d'une flamme. frémissement de l'échec.
hurler en douceur. puiser dans ton sommeil des éveils permanents. qui te matraquent.
repos.

dimanche 29 avril 2018

thérapie



thérapie. main tendue vers le vide. l'horizon
en attente. sur la bascule. silence
une carcasse, une simple peau, pelée, retirée, jetée, oubliée
qui s'engouffre dans la boue mais dont même la terre rejette

une honte. une culpabilité. une faiblesse. une impuissance.
un pas de travers et un geste franc
une main à l'arrière, une paume chaude et épaisse
quelques secondes
une indifférence, un regard jeté en l'air
un faux-semblant, une hypocrisie, un mensonge
une lâcheté, un désir assouvi, un oubli de l'autre

un joli cercle qui tourne en boucle
qui ne s'arrête jamais, qui n'évolue pas, qui recommence, qui croit essayer, qui croit savoir, qui croit connaître
lâche tout

évacue

samedi 26 septembre 2015

jazz


 mordre les rires
ronger les brises
dégueuler la mort

effleurer la violence
emprise étouffante

subir la douleur du devoir
l'écartèlement de la nécessité
la maltraitance de la survie
indigérable besoin
brûler violemment son âme
balancer son coeur à la perversion
soumis à la misère
engluer dans la pauvreté

domination aveuglante
peur hurlante
lianes métalliques
battues par le fer 

incessants échos.

Sïana ©

lundi 6 juillet 2015

mutisme illicite


violence de la rupture

aigreur de la haine
crevé par le passé
fuir les supplices
accueillir la facilité
balafrer le foyer
amoureux de la rancoeur
seconde peau écailleuse
déchirure brutale d'une espérance
frapper par l'aveu
déglutir les paroles 
absorber les injures
écartelé par l'absence
oeillères écrasantes
sanctuaire d'un souvenir 
sottise d'une fougue
maladresse d'une agonie

noble pudeur
repli précieux 
effleuré par l'éternité
silence

 Sïana ©

mardi 24 février 2015

berceuse.





coeur arraché par la course. 
abrité sous les ruines, j'ai cueilli les cendres les plus douces. 
j'ai débattu avec le temps, lutté contre la nécessité. 
j'ai prisé la lumière, embrassé la douleur, marché sur mon ombre, contemplé l'éclosion d'une vie. 
je l'ai caressé de mes péchés, enlacé de mes pardons.
j'ai hurlé de mes rires, craché sur mes plaies.
une voluptueuse mélodie qui panse ma rancoeur. 
délicatesse d'une naissance. aigreur d'un silence.  

Sïana ©

jeudi 12 février 2015

crocs insolents

 

une reprise d'un genre
une timide tentative 
un espoir de retrouvailles
un éveil de lâcheté
une peur méprisée
un besoin de soi
un risque d'échec
chuchotements insouciants
effleurements irresponsables
stérilité


Sïana ©

mercredi 11 février 2015

fouler mes blessures.


assis au bord d'un trottoir, je quémande ne serait-ce qu'un peu d'attention, un peu de reconnaissance. le fossé s'est creusé, et je ne parviens pas à y remonter. je suis tombé mais personne ne veut me relever. parfois les nuages se dégagent mais la lumière n'apparaît pas. aucune main ne se tend pour récupérer la mienne. on me regarde du haut de ce trou. étrangement, indifféremment. je suis l'autre. un autre. un putain d'étranger pour la simple raison que je suis différent. pourtant je suis là. je suis présent. j'existe aux yeux de tous mais je suis également profondément absent, invisible ou peut-être inintéressant. sans intérêt. je suis déjà foutu. ils possèdent une résignation qui me contamine. une maladie incurable qui ne semble même pas pouvoir les affecter. nous sommes plusieurs dans ce trou, mais certains s'en sortent un peu mieux que d'autres. une inégalité qui me ronge. j'ai ainsi été choisi, contre mon gré. parmi ces milliards d'hommes, je n'ai pas eu la chance de m'adapter. des événements bien plus puissants que moi ont pris le contrôle et m'ont conduit dans ce chemin tortueux où je ne souhaitais pas aller. parfois je croise le regard de ces hommes, de ce qui me sert de semblables. je ne lis qu'une hypocrite pitié, une empathie à vomir. dans les miens, certains décèlent ma peur, ma crainte, ma perte. je suis devenu un homme errant sans aucune volonté, sans aucun espoir. il s'est envolé lui aussi et m'a laissé seul avec ce monde pernicieux. je suis un homme battu quotidiennement par le confort des uns, la richesse des autres et par un amour qui m'est interdit. je suis un homme marginal forcé de vivre dans cet environnement qui ne me désire pas. la barrière est presque plus lourde que mes maux. en contrepartie, je ne fais que rejeter ces êtres qui me méprisent constamment. voilà ma seule riposte possible. j'ai imité mes prédécesseurs, car c'est bien dans cette case que je suis. c'est ainsi un devoir que je dois tenir, et c'est certainement bien le seul que je puisse. je peux essayer d'agir différemment, mais la tâche est ardue. les vices m'appellent et me recouvrent de toute leur perversité. je me laisse emporter par leur souffle mortel sous la pression de mon abandon. je suis bouffé par le manque. je ne parviens pas à crier plus fort que je ne le fais déjà. essayez de m'entendre, de me regarder parfois et vous verrez peut-être que nous ne sommes pas si étrangers. je suis un homme détruit par votre simple présence. une ridicule pièce balancée dans mon gobelet en carton sale ne fera pas de vous quelqu'un de bien et de respectable. je suis un homme. un homme.

Sïana  ©

mercredi 3 décembre 2014

coudre le temps.



enlacer l'éphémère.
cueillir les peines 
et récolter les espoirs déchus.
regard avide de rire.
vouloir un être.
vouloir des lèvres.
espérer un souffle.
nuit bleutée et délicieuse.
pluie flottante, pernicieuse, mortifère.
souplesse d'un voeu.
réveil d'une crise.
permission d'une âme.

saut d'une rive.

Siana. ©

mardi 18 novembre 2014

promise.






cueille mes rires et étrangle les sous tes pleurs.
noie les souvenirs dans tes espoirs perdus.
écartèle les mots de tes songes.
enlace tes blessures dans de multiples douleurs.
prêche dans la mélancolie. 
et, berce-moi. 
berce-moi dans la tendresse des plus violentes.
si.




... Siana. ©

lundi 17 novembre 2014

percée.


j'ai recueilli en moi-même le silence le plus lourd. mais si léger qu'il divaguait dans les tréfonds de mon âme sans la moindre oppression. des morceaux promus à la perte. j'ai hurlé du plus profond de moi même. phrase banale qui par ses multiples reprises injustifiées perd tout son sens. pourtant, je l'ai fait. je le fais tous les jours lorsque ma pensée embrasse ma rancoeur. conduite dictée par la conscience. j'ai hurlé, oui. je hurle encore maintenant. recluse en moi, ma vengeance ne veut que voir le jour. sortir de mon ombre. de mon être. de ce qui me sert de corps. une simple coquille, apparente. cachant l'intérieur de moi-même. écorché, brûlé par les mots. juste une suite de lettres, formant un son, une vérité qui te transperce. qui te marque et creuse un abîme infini. une illusion qui retire son voile et montre son abominable visage. essayant de s'accrocher au bord, les ongles enfoncés dans la terre. terre frivole. du sable glissant, mais pourtant si doux. il cache sa médisance dans sa tendresse illusoire. les grains s'échappent de mes mains. m'accompagnant dans ma chute, ils s'évaporent, s'éparpillent dans le souffle de ma déchéance. j'ai touché le sol, dur. si dur qu'il brisa mes os, fit craquer mes membres. je n'ai fait qu'un seul avec cette boue qui m'enlace et me choie plus que personne de mon vivant ne l'a fait. je ne suis plus un être. je ne suis plus ce que je semblais être. je suis un semblant de miettes, de poussières monstrueuses. vivaces qui disparaissent avec le souffle. laissant place à un vide. besoin d'une liane. peu importe son utilisation. qu'elle me serve pour remonter de ce néant ou pour rencontrer l'inconnu. 
une main en serait moins utile.
j'attends que quelqu'un vienne me donner un autre souffle.

 Siana. ©

muselière.


il.
bousculé par le manque.
chatouillé par les soupirs.
emporté par la concupiscence.
substances.
faible carcasse, 
barbelés brisés, écoeurés.
écorchés par le reste des bribes.
esquisse d'une simple limite.
d'une trace de pas, vaine,
tentative vaincue, rassie par l'échec.
gardé, prisé, choyé. 
enveloppé sous les embrassades abjectes.
viles, nauséabondes, obscènes.
batifolage, fanatisme et présomption.
incisif ébat. chimère et futilité.
pénurie languissante.
il.
Siana. ©

lundi 6 octobre 2014

romance échancrée.



Peau odorante d'un parfum méconnu.
Déglutissant les plus beaux souvenirs.
Envolée vers la grande marée du monde.
Humanité ne s'est pas relevée.
Fragile parmi les anciens.
Prise par les crachats.
Touchée par l'éternité du temps.
Abandon d'un rire hivernal.
Création improvisée d'une spontanéité.
Mensonge d'une femme.
Permission d'un enfant.
Succession d'hommes.
Insensibilité dégénérée.
Mélange d'un tout ne formant qu'un rien.
Frisson d'un pleur et amour d'un décès.
Cueille le au bord d'une ruine.
Trempe le dans cette boue.
Bats le dans les supplices.
Prêche l'ignorance et cultive le désir.
Lointains battements de cils.
Attrape l'échec de la vanité.

Siana. ©